Les charges locatives — aussi appelées charges récupérables — désignent les dépenses engagées par le bailleur qu'il peut légalement répercuter sur le locataire. Leur liste est fixée de manière limitative par un décret de 1987. Toute charge absente de ce décret ne peut être facturée au locataire, sous peine d'être requalifiée et remboursée. Ce guide détaille la liste officielle, les modalités de perception et la procédure de régularisation annuelle.

1. Principe juridique des charges récupérables

En droit locatif français, le principe est que le bailleur assume les charges liées à la propriété du bien. Seules certaines charges, correspondant à des services rendus directement au locataire ou à l'entretien courant des parties communes, peuvent être refacturées.

2. Liste officielle des charges locatives récupérables

Le décret n° 87-713 du 26 août 1987 établit la liste limitative des charges récupérables. Elles se répartissent en plusieurs catégories :

A — Ascenseurs et monte-charge

B — Eau froide, eau chaude et chauffage collectif

C — Installations individuelles

D — Parties communes intérieures

E — Espaces extérieurs

F — Hygiène

G — Équipements divers

H — Taxes et redevances

ChargeRécupérable ?Remarque
Taxe foncièreNonImpôt du propriétaire — non récupérable, sauf clause spécifique en bail commercial
Primes d'assurance immeubleNonÀ la charge exclusive du propriétaire
Gros travaux de réparationNonToiture, ravalement, remplacement de la chaudière collective
Frais de gestion locativeNonHonoraires de l'agence immobilière, sauf état des lieux (50/50)
Taxe d'enlèvement des orduresOuiRépercutable intégralement au locataire
Eau froide parties communesOuiAu prorata de la quote-part du lot
Entretien ascenseurOuiContrat d'entretien et réparations mineures

3. Provisions sur charges et régularisation annuelle

Dans le cas le plus courant (logement en copropriété ou immeuble collectif), les charges sont perçues sous forme de provisions mensuelles, puis régularisées annuellement sur la base des charges réelles.

Le versement de provisions mensuelles

La provision mensuelle doit être calculée sur la base des charges réelles de l'exercice précédent. Elle est fixée au bail et mentionnée séparément du loyer principal. Le bailleur ne peut pas imposer une provision manifestement surévaluée sans justification.

La régularisation annuelle

Au moins une fois par an, le bailleur doit régulariser les charges en comparant le total des provisions versées aux charges réelles.

Solde en faveur du locataire ou du bailleur

Si les provisions versées dépassent les charges réelles, le bailleur doit rembourser le trop-perçu. Si les charges réelles dépassent les provisions, le locataire doit régler la différence. Ce solde doit être mentionné sur l'appel à régularisation.

Délai de prescription des charges

L'action en paiement de charges locatives se prescrit par 3 ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Passé ce délai, le bailleur ne peut plus réclamer de charges impayées. Il est donc essentiel de réaliser la régularisation annuelle sans délai.

4. Cas particulier : les locations meublées

Pour les locations meublées, les parties peuvent opter pour un forfait de charges plutôt que pour des provisions avec régularisation. Dans ce cas, le forfait est fixé dans le bail et ne peut pas être révisé unilatéralement. Cette option est souvent préférée pour sa simplicité, mais le bailleur assume alors le risque d'une augmentation des charges sans pouvoir en répercuter le surcoût.

5. Bonnes pratiques pour la gestion des charges